L’essor du rap américain est tel que les spécialistes s’accordent à dire que le mouvement est au même niveau que le rock. Cependant, son équivalent français ne bénéficie pas du même élan de popularité. Comment expliquer un tel fossé ?
La différence se situe tout d’abord au niveau de l’innovation musicale. En effet, les artistes américains n’ont pas peur de mélanger le rap à d’autres styles. C’est notamment le cas avec l’album Rebirth de Lil’ Wayne ou avec les sons clubs de Flo-Rida.
Leur ouverture d’esprit est en partie due à la diversité d’un courant qui va du Dirty South, au rap new-yorkais en passant par la Côte Ouest.
Ensuite, comment ne pas parler de style vestimentaire ? Contrairement au classique « Jeans, Baskets, Casquettes » made in France, la mode outre-atlantique dépasse les clivages du hip-hop de base.
Là encore, la diversité fait rage et se fait ressentir lorsque Jay-Z adopte un look d’homme d’affaires, très soigné ou quand Tyga arbore une allure de skateur. Les américains ont encore une longueur d’avance sur ce point.
La différence se fait encore plus grande au niveau marketing. Les grosses sociétés ne misent pas sur le rap français car les artistes francophones ne veulent pas sortir de la rue et préfère garder une certaine crédibilité face à elle. Cela nuit à leur exposition médiatique. Les rappeurs américains n’ont pas le même esprit et il n’est pas rare de voir Drake dans une publicité Sprite ou Hova dans un spot pour IBM. Le rap français a encore beaucoup à apprendre de son grand frère outre-atlantique et des artistes comme La Fouine peuvent amener ce nouvel élan au mouvement.